Julie – Hyloa

On revient aujourd’hui, pour vous proposer une interview de Julie, la CEO d’Hyloa. De ses débuts en ligne à la création de sa boutique physique, Julie nous dévoile les coulisses de son aventure entrepreneuriale dans le monde de la mode. 

Pour cet article, on a décidé de changer notre format. On est allé dans sa boutique, l’interviewer avec un dictaphone. Ci-dessous, vous retrouverez une retranscription de notre échange. 🙂
Présentation
Peux-tu te présenter ?

Julie Lefeuvre, 25 ans, j’ai un bac ES et je suis autodidacte. Plus jeune je voulais devenir documentariste animalière, ce qui n’a strictement rien à voir avec la mode. J’ai vraiment deux passions très paradoxales, d’un coté la nature, les voyages et les animaux et un autre côté un peu superficiel, mode et réseaux sociaux. J’ai fait deux ans en école de cinéma, mais ma passion pour la mode m’a ratrappé. Donc documentariste animalier peut-être plus tard qui sait ! J’ai été commerciale pour un grand groupe pendant 3 ans.

J’ai lancé Hyloa il y a deux ans, en tant que auto-entreprise. J’ai un compte personnel Instagram Hytakara où je poste mes looks et avec qui j’ai eu pas mal de contrat avec des marques. Ce qui m’a donc permis de voir les dessous du métier. J’entretiens mon compte personnel, parce qu’il faut l’entretenir mais ça ne correspond plus vraiment à mes valeurs. Je ne me retrouve plus du tout dans ce côté un peu influenceuse et encore avec 7000 followers c’est pas dingue. Ce n’est plus trop quelque chose qui m’intéresse maintenant. Hyloa est passé en société en décembre 2017 et l’aventure suit son cours.

Une passion pour la mode plus jeune ou c’est vraiment venu plus tard ?

Oui, pour le coup, je me suis toujours habillé de manière assez atypique. J’ai toujours suivi la mode, dès mon plus jeune age. Pour moi, par exemple, c’est assez compliqué de sortir en jean basket, c’est d’ailleurs impossible je crois! (rires). C’est une forme de différenciation je pense, j’ai toujours eu ce truc où je ne m’habillais pas comme tout le monde.

Et quel est ton rapport avec la mode, le contraste entre mode/ fashion ?

Alors je suis énormément la mode et je la connais mais personnellement, malgré mon concept, je ne vais pas suivre la tendance. J’ai mon style à part entière, j’essaie de contrer un peu ce que tout le monde porte. J’arrive d’un point de vue externe, à m’y intéresser, à proposer et à voir ce qui est tendance, ce qui pourrait plaire.

On peut dire que tu n’as pas vraiment de style prédéfinis ?

Ah non absolument pas, je peux porter du talon aiguille comme un jogging. D’ailleurs, je viens à la boutique en jogging, en mini jupe, en fait j’ai toute sorte de style. Rien ne me fais peur. Et pour moi, il n’y a aucun fashion faux-pas, à partir du moment où c’est assumé. Je peux très bien venir en sandales/chaussettes demain, du moment que c’est un peu stylé.

Quelle est la tenue un peu excentrique que tu es porté ? Une tenue qui dénoterait pas mal, que les gens n’oserait pas forcément porter ?

Pour le coup, la tendance cycliste, je la portais énormément l’année dernière. Et c’est un peu difficile à adopter. Mais après, je porte tout, les filles me disent souvent « Ah tu oses porter ça ? », mais moi ça ne me dérange pas.

Mais tu dois avoir une garde-robe immense ?

Ouais carrément ! Par contre, je suis consommatrice mais pas tant que ça, la mode, c’est un éternel recommencement. Donc, je garde tout, et même aujourd’hui, je porte des pièces d’il y a 10 ans. Comme j’avais un style assez pointu aussi à l’époque, là par exemple c’est la mode des santiags, quand j’étais au collège, j’avais des santiags. Alors, j’ai ressorti cette paire et je ne fais que ça. Je ne jette rien du tout et comme à chaque fois ça revient, c’est parfait.

Hyloa 
Pourrais-tu nous présenter son concept à la base puis son évolution. Parce que vous êtes passé d’un shop en ligne, en auto-entrepreneur à une société. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? 

Hyloa a vu le jour en avril 2017. On est parti d’un site en ligne qui s’inspire des tendances repérées sur les réseaux sociaux et dans les magazines de modes. On propose des pièces qui s’approchent des tendances à un prix compétitif. Puisqu’on part du principe que, par exemple, on adore une influenceuse, son style est canon, mais qu’elle porte du Dior et du Chanel. Moi avec mon budget d’étudiante, je ne peux pas me permettre d’être aussi stylée qu’elle. J’ai vraiment voulu contré cela. Montrer que si, en fait, tu peux avoir un petit budget et être aussi stylé que cette personne. Il n’y a pas de soucis !

Je passais mes heures, soit à Zara ou sur les sites de ventes en lignes, pour essayer de retrouver la pièce qui pouvait se rapprocher le plus. Et c’est pour ça que j’ai lancé Hyloa. On a tenu 9 mois en auto-entreprise puis après, ça s’est tellement développé, qu’on a dû passer en société, en décembre 2017. J’ai pu embaucher Audrey, qui est assistante de direction, et le site à connu un vif succès. On a fait une collaboration avec Megan VLT, une bloggeuse qui est pas mal connu. On s’est fait connaître et on a agrandi notre communauté sur les réseaux sociaux.

On a une belle communauté donc, on s’est un peu inscrit en terme de référence mode. Dans le sens où on peut choper le même style que les influenceurs. A noter, que l’on n’est vraiment pas du tout dans de la copie. Il faut vraiment faire la distinction car notre but n’est pas de copier le modèle, c’est de copier la tendance.

Ilustration de la boutique d’Hyloa. Retrouvez notre studio sur Instagram : @studio_vraimentsympa
Au départ, comment tu faisais pour dénicher des pièces ? Chez Zara ou d’autres magasins, c’est pas forcément dans la tendance, il y a toujours un train de retard. Tu suivais des blogs, magazines qui permettaient peut-être de dénicher certaines pièces ?

En fait non, nous on fait tout l’inverse que ce que font les grandes chaînes. Les grandes marques imaginent les tendances 6 mois à l’avance. En fait, c’est un peu le fruit du hasard, en mode, on espère que cette tendance va marcher. Nous, nous faisons l’inverse, on fait de la veille sur insta qui est considérable afin de voir ce qui va marcher dans deux semaines. On connaît le feed des influenceuses par cœur. Et par exemple, on repère : ok, telle influenceuse porte une robe rouge. Deux jours plus tard, elle aussi et elle aussi. Donc, cela veut dire que dans deux semaines, tout le monde va vouloir une robe rouge.

A partir de ce moment-là, on prend contacte avec nos fournisseurs pour chercher la robe rouge qui pourra correspondre au style. On prend vraiment la mode à contre-courant.

Pour toi, c’est une passion, c’est ce que tu aimes faire, analyser les futures tendances ?

Oui voilà exactement ! C’est ma partie préférée. Quand Audrey me dit « bon t’as tant de budget Julie vas-y », je me dis « Ah trop bien ! ».

Et le nom d’Hyloa, il vient d’où ?

Alors en fait, Hytakara c’est mon nom d’instagram perso. Je l’ai lancé quand j’étais au Brésil. Dans une ville qui s’appelle Hytakaré. Donc, ça vient de là et quand j’ai lancé Hyloa, j’étais retourné au Brésil. J’étais dans une ville qui s’appelle Ilhéus. Le mélange des deux, ça a donné Hyloa tout simplement.

Donc il n’y a pas forcément de signification, c’est plutôt une expérience ?

Oui voilà c’est ça, puis je voulais à la base une déviation d’Hytakara.

J’ai vu que l’identité a pas mal évolué. Est-ce que le projet s’est affirmé ?

Au départ, on est passé par différentes phases. Par exemple, on sortait des énormes collections tous les deux mois. Après, on testait un peu nos clientes pour savoir ce qu’elles attendaient. Et aujourd’hui, on a réussi à trouver un rythme. C’est de sortir des sélections toutes les deux semaines, pour être au plus proche de la tendance et pour que les filles soient ultra connectées . Avec des quantités super limités, pour que les filles se disent “si je le chope pas maintenant, dans deux semaines ça sera plus forcément la tendance et il risque de partir“. Même dans la boutique, toutes les deux semaines, il y a un turn over et toutes les pièces disparaissent pour faire place à une nouvelle collection.

L’équipe d’Hyloa
Il y a ton équipe, qui t’aide à faire tout ça, est-ce que tu pourrais nous la présenter ?

Audrey qui est assistante de direction. Elle s’occupe de tout ce qui est gestion et comptabilité, logistique etc. Elle drive les filles, c’est clairement mon bras droit. Laurie qui est en stage alterné, qui s’occupe entièrement de la communication sur Instagram. Ensuite, j’ai trois stagiaires qui ont des pôles différents. Léonie s’occupe de tout ce qui touche à Google Analitycs et au site internet. Erell est dans la communication avec Laurie. Et Lucie, sur la partie gestion du magasin.

On voit souvent que l’équipe est mise en avant sur Instagram. Pour toi, c’est important de communiquer sur ton équipe ?

Tout à fait, on s’est rendu compte que les clientes étaient très demandeuses de savoir ce qu’il se passe dans nos bureaux! Quand on a refait le magasin, on avait un petit budget. J’ai donc mis tout le monde à l’œuvre pour faire des peintures. Et les clientes étaient trop contente de voir l’avancé des travaux. Voir les dessous de ce qu’il se passait chez Hyloa. Donc, ça a mis une forme de proximité avec nos clientes. Plusieurs fois, dans la rues, je me suis fait arrêtée pour me demander « au fait comment vont les travaux ? ». Et je trouve ça trop chouette d’avoir cette relation avec les clientes. C’est le travail de Lola, de filmer les dessous d’Hyloa afin de montrer qu’on n’est pas seulement des vendeuses. On est aussi une équipe qui est très soudée.

boutique hyloa rennes
Comment tu fais pour recruter, pour trouver des talents qui correspondent à l’état d’esprit ?

Je crois que je n’ai jamais refusé une proposition de stage. Parce qu’en fait, à part, si la personne n’est vraiment pas motivée, mes stagiaires je les considère comme des salariées a part entière dans l’entreprise. Je leur donne des missions, je leur fais totalement confiance Elles sont libres de gérer leur temps comme elles le veulent. C’est hors de question d’avoir le cliché de la stagiaire qui apporte le café ou qui va poster des colis.

Je pars du principe que chaque personne peut apporter son expérience à l’entreprise. A chaque fois je tombe, ou j’ai de la chance, je ne sais pas, sur des personnes qui apportent un gros plus à Hyloa, qui apportent leur vision des choses.

Tout le monde à un rôle important dans les décisions ?

Carrément! Au contraire, je dis sans arrêt aux filles, d’être autonome et indépendante. “Vous gérez votre temps de travail comme vous voulez. Vous voulez travailler depuis la maison, pas de soucis tant qu’il est fait.

Et le nombre de fois où je dis aux filles, “bon là j’ai un souci, je ne sais pas comment faire, allez-y donner moi vos idées.” A chaque fois qu’un membre rejoint Hyloa, je lui dis “ok prend toi une journée, tu regardes comment Hyloa c’est fait et tu me donnes tout tes feedbacks.” J’ai besoin de conseils « ah ça, c’est pas top» « ça, je verrais plus ça comme ça », au contraire je trouve ça trop cool.

Les bureaux sont dans le même endroit que la boutique ?

Oui, ils sont derrière. On va mettre une vitre pour faire un open space. Mais oui les filles bossent derrière et pour la création de contenu, elles sont souvent dehors pour faire des photos. Chacune est libre de gérer son truc comme elle le veut.

Il n’y a que des filles dans ton équipe, est-ce que c’est voulu ou pas du tout ?

Non ce n’est pas du tout voul ! (rire) Notre photographe est un garçon. Mais on n’a pas du tout de demande. Après, je comprends, parce que pour le moment, on propose que des fringues de filles. Donc, je pense que c’est pour ça. Mais non, ce n’est pas du tout voulu. Je n’ai pas de garçons qui me demande de faire un stage. D’ailleurs, on est ouverte à toutes propositions !

Hyloa et les réseaux sociaux
On va maintenant passer à la partie sociale media, on voulait savoir s’ils ont été essentiels pour la réussite d’Hyloa ?

Toute notre communication est sur Instagram. Ça, c’est vraiment notre point phare. Les filles et moi, il n’y a pas une journée où on ne poste pas, où on ne fait pas de stories. C’est vraiment essentielle pour nous d’être au quotidien dessus. Et d’ailleurs, Hyloa n’existe pas sans les réseaux sociaux, c’est clair et net. Donc on a une grosse communauté. On a 25K sur Insta et il faut sans arrêt créer du contenu. C’est vraiment épuisant et il faut toujours avoir des idées, mettre en scène. Mais on a pas le choix, on essaie de s’étendre à 21 buttons et Pinterest. Mais oui, c’est primordial et il faut absolument qu’on garde le cap à ce niveau-là.

Tu penses quoi de l’évolution de Instagram ? C’est plus simple de se faire connaître ?

Non du tout, en fait en tant que compte perso, avant, c’était super facile d’évoluer sur insta. Là, ça fait 6 mois que sur Hyloa, on se prend un algorithme d’instagram qui est affreux. On a du mal a comprendre comment il fonctionne. Avant, le simple fait de poster une paire de chaussures, on avait des dizaines de commandes dans la journée. Maintenant, il faut sans arrêt poster. Et on est entré un système où, si tu ne payes pas pour des posts sponsorisés, Instagram baisse ta visibilité. C’est très compliqué et on se bat avec ça, ce n’est vraiment pas facile.

Et les fonctionnalités comme « voir plus » ou « Insta shopping » on pas mal aidé, j’imagine ?

Oui et non parce qu’il y a un an, avant même qu’Insta shopping n’existe, j’avais des chiffres plus élevé en terme de visibilité. En fait, il y a tellement de monde sur Instagram que je pense qu’ils favorisent les comptes qui payent dans les sponsos. Donc, c’est au petit bonheur la chance. Il y a des semaines où on va faire des nombres d’impressions de dingues. Les semaines d’après, pourtant on change rien, mais ça va chuter. On a beaucoup de mal à comprendre tout ça.

De la boutique en ligne au physique
Quelle était ta réaction quand tu as eu tu as première vente en ligne sur Hyloa ?

Olala je ne m’en souviens plus… Tout ce que je sais, c’est qu’il faut s’imaginer mon copain et moi, aller à Paris en voiture, mettre les cartons de chaussures dans la voiture et se faire l’aller-retour dans la journée. Donc, 8h de voiture juste pour quelques paires de chaussures. Faire les colis le soir dans notre appart, pour qu’après ils partent le lendemain et qu’on les emmène à la poste. On a encore les souvenirs, quand on habitait à 100m de Saint Anne, du Subway qui nous prêtait leur chariot pour traverser la place Saint-Anne avec tout nos colis. C’est le souvenir que j’ai, c’était trop chouette sauf que mon appart, il ressemblait à n’importe quoi parce qu’il y avait des fringues partout. Mais c’était trop chouette !

Du coup comment vous avez fait pour gérer l’évolution de la boutique en ligne au magasin physique en passant par les pop up ? Est-ce que c’était prévu à l’avance, ou c’était vraiment au feeling, à l’instinct ?

En fait, je vous avoue qu’on ne prévoit rien du tout. Ca fait deux ans que l’aventure a commencé et il nous arrive pleins de choses. On arrive à prendre les opportunités à chaque fois. Et c’est vrai qu’on n’est fermé à rien du tout. On vit l’expérience à fond. C’est pas facile tous les jours, ça c’est clair et net. On doit être sur tous les fronts. En boutique, sur les réseaux sociaux et sur le site, c’est très difficile à gérer tout ça.

J’apprends de plus en plus à déléguer et c’est pour ça que je fais 100% confiance aux filles. En plus, je suis deux jours par semaine à la French Tech pour développer mon autre projet. Donc, c’est vrai que je dois être sur tout les fronts. C’est compliqué, très compliqué, j’essaye d’avoir une vie sociale à côté. Mais, ça fait deux ans que je vis pour mon entreprise. C’est que du bonheur mais ce n’est pas facile.

Comment tu fais pour gérer tout ça, parce que du coup, tu montes encore un autre projet à côté ?

Oui c’est ça, en fait je pars du principe que je suis jeune et qu’il faut que je développe ça maintenant. Parce que forcément j’ai envie d’avoir une vie de famille plus tard. J’aimerais que tout ça soit stabilisé pour que je puisse plus tard, m’occuper de mes enfants. Et j’aimerais profiter de ma jeunesse pour bosser à fond à fond, pouvoir après lâcher du lest. J’espère que j’y arriverais, parce que, souvent c’est ce qu’on dit, puis on se prend au jeu d’aimer ça. C’est vrai que je suis une personne assez active, je n’aime pas m’ennuyer, ce n’est pas facile. Mais pour l’instant ça me convient.

Parce que maintenant tu as quand même plus de contraintes. Du fait que tu n’es plus toute seule dans le projet, tu dois le faire vivre, pas prendre trop de risque, ça ne te fait pas peur ?

Non au contraire, c’est pour ça, qu’avec Audrey, on se complète énormément, nous sommes opposées. Je suis très désorganisée. Il y a très peu de choses qui me font peur. Puisque bon, à la limite tant que ce n’est pas vitale, j’aime bien prendre des risques. Pour moi il n’y a pas de risques, il n’y a que des opportunités. On y va à fond et puis on a rien à perdre. Audrey, elle est plus du genre « euh Julie tu vas te calmer » donc voilà mais c’est vrai qu’on se complète très bien et c’est ça qui est cool

On peut voir que Audrey t’aide beaucoup dans ton travail. Dans ce même sens, quels ont été tes soutiens, ceux qui t’ont poussé à te développer et aller toujours plus loin ?

J’ai mon papa qui a créé sa société et ma maman qui a une association humanitaire. J’ai été baignée dans l’entreprenariat depuis toute petite. On me répétait, 15 fois par semaine, « Julie quand on veut, on peut ». Il y a quinze ans, avec ma mère pour son association humanitaire, on est allé en Afrique pour un voyage humanitaire. Depuis elle a créé son association. Et elle avait besoin forcément, de partenaires financiers. C’est quelqu’un qui va au culot. « Ok j’ai besoin de telle somme, bah je vais aller voir telle entreprise, je vais leur demander et ça va le faire ».

Je pense que j’ai toujours eu cet état d’esprit et rien ne me fais peur. Dans le sens où, « Ok est en difficulté ? Pas de soucis je vais trouver les solutions». Sans aucune prétention, c’est ce qui je pense, fais ma force. Je suis peut-être aussi un peu naïve, j’y vais les yeux fermer. Je ne me mets pas de barrières.

Tu as complètement raison ! Je pense qu’il faut oser dans la vie.
Je vais changer un peu de sujet, tu en as déjà parlé un peu tout à l’heure mais comment vous faites pour réaliser les sélections ? Comment ça se passe pour trouver les pièces ou les faire produire ? J’imagine que c’est compliqué vu que vous réalisez une nouvelle sélection toutes les deux semaines.

Ouais c’est compliqué. (rire) En fait, on est ultra connecté, j’ai mis mon ratio hebdomadaire sur insta et c’est la catastrophe…. Je suis toujours sur les feeds des influenceuses. Les filles
n’hésitent pas à me dire « Julie, là j’ai vu trois fois ce top sur telles influenceuses » On se met un mémo et après, avec Audrey, on contacte les fournisseurs. Ils nous envoient leurs catalogues et nous on choisit. On essaie dans la foulée de faire les photos avec notre photographe, puis on met sur le site. C’est beaucoup de travail.

Donc tu es en échange constant avec Paris ?

Exactement, sur Paris ou soit en Italie pour les sacs et chaussures en cuir.

Est-ce que vous allez faire d’autres campagnes comme avec Megan VLT ? Est-ce que c’est quelque chose de prévu, de créer du contenu avec d’autres influenceurs ?

Alors là tout de suite, la boutique suit son cours donc on va attendre un petit peu. Mais oui, de toute façon on est ultra connectée, donc on a besoin des influenceuses qui parlent de nous. Pourquoi pas plus tard, refaire une collection capsule.

Rennes
On va passer aux questions sur Rennes, est-ce que tu peux nous dire quel lien tu as tout simpelment avec cette ville ?

Je suis née à Rennes, j’ai toujours vécu à Rennes, c’est ma ville de prédilection.

Tu n’as pas voulu aller sur Paris à un moment ?

Ahah, tous le monde m’a dit « Mais attends, si tu veux un showroom, va sur Paris, même pour le site internet, installe toi à Paris ». Je reste dans l’idée qu’il y a quelque chose à faire à Rennes et que les filles rennaises sont stylées. Je suis consciente que s’y j’allais à Paris, j’aurais trois fois plus de monde. Mais, je n’ai pas envie de céder à la facilité et qu’il faut forcément aller sur Paris, quand on parle de mode. Voilà, justement, à chaque fois qu’il y a des bonnes idées, ça migre à Paris. Rennes, on se retrouve sans rien, sans nouveau truc. Donc non, peut être que j’ai tors mais j’ose croire que non on peut rester sur Rennes et se développer. Bien sur que par la suite, l’objectif serait de s’implanter un peu partout en France. Mais ouais, j’aimerais quand même y croire.

Parce que tout simplement, t’aimes bien vivre à Rennes, tu aimes l’ambiance ?

Oui, Rennes c’est une ville trop chouette. Je ne me vois pas du tout vivre ailleurs. J’aime beaucoup le contact humain et je m’entends avec pleins de commerçants. Tous les matins, je vais faire mon tour et je dis bonjour à tout le monde. Je trouve ça trop cool !

C’est exactement ce qui ressort à chaque fois qu’on rencontre des personnes.
C’est toujours la même chose, par exemple Paul de la boutique Monsieur. qui racontait que quand il était à Paris, la vie parisienne  était très intéressante mais que toute sa famille, tous ces amis étaient à rennes. Puis dans sa rue, il y a le Montfort, Blush à côté donc il s’y plaît vraiment, de pouvoir discuter le matin, prendre son café et puis avoir un contact client.

Oui voilà, exactement, de croiser même les clients ! Je sors un petit peu en boîte, et je croise David de chez Blush. Je croise une cliente et je lui demande si son haut qu’elle a acheté lui plaît. Enfin, je trouve ça génial, cette proximité qu’il y a. Justement je trouve que sur Rennes, il y a une bonne ambiance.

Il y a quelque chose qui se passe, dans la manière de vivre de tout le monde. Même nous, on ne se voit pas du tout aller ailleurs, sur Paris ou Nantes. Même Nantes pour nous, c’est trop grand. A Rennes, tu fais tout à pied, c’est génial !
Hyloa rue de Coetquen
J’ai une question à propos de l’emplacement, vous avez fait un pop-up ici, pourquoi cet emplacement ?

En fait, on savait qu’on allait rester, on a fait la surprise à nos clientes. On faisait genre que c’était un pop up éphémère, mais en fait on savait qu’on allait rester définitivement ici. Encore une fois, ça été vraiment une opportunité, un coup de chance. A notre dernier pop up qu’on avait fait rue de Clisson, je me suis prise d’amitié avec un agent immobilier. Un jour, il est passé et m’a dit « Hey Julie, il y a un local là, rue de Coetquen, ça t’intéresserait pas ? ». Je lui ai dis que j’allais le visiter. Puis en fait, ça c’est fait comme ça, on l’a prit et du coup c’était royal.

Et avant il y avait quoi dans ce magasin ?

C’était un magasin de rugby. Mais, ça été pleins de choses ! Il y a eu une librairie, un magasin de rugby, une galerie d’arts et je trouve ça sympa justement. Le fait qu’il y est eu une histoire dans ce lieu.

Vous avez une vision de l’aménagement de la boutique qui est différente de toutes celles qu’on rencontre, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, sur ce choix ?

On reste dans notre concept premier, qui est que pour chaque article, vous avez l’inspiration d’une influenceuse en photo. Pour que sans cesse, la cliente soit inspirée et se dise « Ah bah ouais carrément, cette chemise, je pourrais la mettre avec un pantalon en cuir, avec un short ». C’est pour qu’elle s’identifie et pour qu’on reste totalement dans notre concept. Bien qu’on soit une boutique physique, on reste dans notre concept des réseaux sociaux et de l’influenceuse.

Il n’y a qu’une seule pièce qui est présentée à chaque fois ?

Ca aussi, c’est un choix. On a toutes les pièces en stocks, mais c’est vrai qu’on ne veut pas devenir un Zara, avec toutes les tailles. Parce que notre concept pousse au contact humain. Les personnes qui rentrent dans ce magasin, on leur explique le concept. Puis, on leur donne une taille, on veut vraiment être différent.

Pour l’équipe, tu en parlais tout à l’heure, vous avez fait tout vous-même, l’aménagement. Qu’est-ce que vous avez voulu réussir à recréer, avec l’îlot centrale ?

On a voulu créer une sorte de boudoir. Comme si on était dans notre dressing, avec nos petits post-it et photos d’inspiration. « Ah tiens aujourd’hui, je vais m’habiller comme elle avec ce tee-shirt ». On voulait quelque chose d’intimiste et qu’on ne voit pas ailleurs. Puisqu’on n’avait pas envie du rayonnage comme on voit partout.

Sa pièce phare du moment
On aimerait bien se focaliser sur un produit ou quelque chose en particulier. On voudrait savoir, c’est quoi ton coup de cœur Hyloa ? Ta pièce phare préférée ? La pièce que tu as apprécié avoir et que tu as adoré proposer à tout le monde ?

J’aime les pièces fortes, donc en ce moment ça serait la combinaison. C’est une grosse tendance de ce printemps. Assez safari, saharienne, donc c’est ma pièce coup de cœur de la saison.

Les influenceurs
Du côté infleuenceur, on en a parlé tout à l’heure. Est-ce que tu as des influenceurs auxquelles tu t’intéresses en particulier ?

J’aime beaucoup la française Alexcloset, alias Alexandra Guerain. C’est vraiment quelqu’un qui m’inspire énormément. Elle a ce côté très très décalé. Madame Derosa aussi, c’est une espagnole qui suit les tendances avec un style totalement atypique et décalé, qui est trop chouette.

Des conseils en terme de style
Par exemple, si quelqu’un a un coup de cœur et peut l’acheter en ligne, il peut la rapporter s’il se rend compte que ça ne va pas ?

Carrément, on est là pour les conseillers. Je suis vraiment dans l’optique que ce qu’on propose est assez pointu. Mais regardez comment vous pouvez l’associer, en fonction de votre morphologie et de ce que vous avez chez vous aussi. Vous pouvez en faire quelque chose de cool.

En plus de pouvoir acheter des pièces dans la boutique, c’est aussi donner des conseils en stylisme ?

Exactement ! On a des personnes qui nous envoie des messages sur insta. Et qui nous dise, “Est-ce que vous êtes dispo pendant une heure si je viens ?” On a une cliente lundi dernier, qui est venue pendant une heure. Je me suis occupée d’elle et elle était trop contente. Elle est arrivée avec une problématique « Je suis un peu trop masculine et j’aimerais me féminiser ». Et, en fait, je lui ai fait essayer pleins de choses. Jamais elle n’aurait pensé qu’elle pouvait mettre ça. Elle est repartie avec son sac et elle était trop contente ! On a réussi avec des petites pièces pointues, à lui apporter un coté un peu plus féminin.

Une dernière petite question, pour la fin de cette interview. Pour tous ceux qui veulent faire pareil que toi, et se lancer dans l’entrepreneuriat dans le monde de la mode. Tout le monde dit que c’est compliqué, que derrière, il y en a très peu qui réussisse et que l’industrie est saturée ?Tu en penses quoi ?

Oui, c’est saturé dans le sens où il y a énormément de vêtements, de sites. Mais à partir du moment où de un, tu te différencies et de deux, tu crois en ton projet, de toute façon les personnes ne sont pas prêtes d’arrêter de s’habiller, donc à partir de ce moment il faut simplement oser.

Et je sais que ce sont des phrases, qu’on entends partout, mais voilà c’est véridique et sincère, il faut croire en son projet. A partir que du moment où tu es persuadé, il n’y a que des choses positives qui arrivent. Si tu te donnes les moyens de réussir, plus tu avances et plus la vie te donnes des petits cadeaux. A partir du moment où tu prends des opportunités ça va tout seul. J’en suis la preuve formelle, j’ai un bac et je n’ai pas fait d’école de commerce.

On remercie Julie pour son temps accordé à cette entrevue. C’était un plaisir d’échanger sur l’entrepreneuriat. Si on doit retenir une seule chose, c’est qu’il faut oser. Il faut prendre les opportunités comme elles viennent et se donner les moyens d’y arriver. Une très belle leçon de réussite.
Concept Boutique
ContactJulie
Adresse8 rue de Coetquen
Sitehttps://www.hyloa.com
Instagramhttps://www.instagram.com/hyloa/
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